10 séries époustouflantes pour une plongée en adolescence

Dans l’émission

Grand bien vous fasse, l’adolescence était montrée sous la focale de ses fortes amitiés, si nécessaires à la construction de l’identité, et si utiles en cette période de grands bouleversements, de passage de l’enfance à celui de l’âge adulte.

Les scénaristes et réalisateurs de séries ont depuis quelque temps une passion pour cette période de la vie, si intéressante à filmer et à regarder. Tout semble plus intense, plus beau et plus désespéré. Si la force des passions adolescentes vous manque, il est possible de les revivre, en se plongeant dans ces œuvres de fiction. Les difficultés inhérentes à cette période sont aussi dépeintes, permettant de mieux comprendre celles et ceux qui sont encore plongés dedans.

Grand bien vous fasse !


52 min

Grand bien vous fasse !


54 min

1. The End of the Fucking World

James, 17 ans, ayant l’impression de ne ressentir aucune émotion, est persuadé d’être un psychopathe. Alyssa, 17 ans également, est insolente et sans limite. Ces deux adolescents solitaires en prise à un mal-être certain, se trouvent, se comprennent et s’aiment à leur manière. Mais leur relation ne va pas être un long fleuve tranquille, et leur fugue va être ponctuée de mauvaises rencontres et de chausse-trappes. Lors d’un road trip, leurs libertés vont s’éprouver, alors qu’ils flirtent avec une grande violence. Une fuite en avant, assez sombre et mélancolique, dans laquelle on s’enfonce avec eux. Les images magnifiques permettent de garder la tête hors de l’eau, et de profiter d’une intensité de sentiments que l’on peine bien souvent à retrouver à l’âge adulte.

Dans

Popopop, Vanessa Paradis nous parlait de cette série pour laquelle elle a eu un véritable coup de cœur : “Je l’ai trouvée magnifique. Je trouve les acteurs prodigieux. La jeune fille, c’est Jessica Barden et le garçon, c’est Alex Lawther, et ils sont extraordinaires. Ce sont des adolescents, mais ça peut plaire à tout le monde. C’est aussi réaliste qu’absurde. C’est terriblement bien écrit et extrêmement bien filmé.”

Popopop


54 min

The End of the Fucking World, créée par Charlie Covell, 2 saisons, à voir sur Netflix

2. Le Monde de demain

On suit Didier (futur JoeyStarr), Bruno (futur Kool Shen), ainsi que Dee Nasty et Lady V lorsqu’ils étaient adolescents. C’est une série sur l’émergence du hip-hop en France dans les années 1990 qui dit aussi beaucoup de l’énergie brute de l’adolescence, moment où tout est encore possible, car la vie est devant soi, et où l’on ne supporte aucune injustice. La bande-son magique rappelle toute la fougue et l’insolence des jeunes de cette époque. Les décennies passent, mais beaucoup de problématiques adolescentes restent : comment s’extraire de sa famille – qu’elle soit aimante ou non –, comment évoluer quand on part de rien, comment garder des amitiés quand, soi-même, on change ?

Hélier Cisterne, co-réalisateur, dans

Totémic, à propos de l’émergence du hip-hop en France : “C’était une météorite qui nous a percutés de plein fouet. C’était quelque chose de puissant. Ce qui était fou surtout, c’est que dans les textes de NTM, d’IAM et de tous les groupes qui explosaient à l’époque, alors même que je n’avais pas accès au hip-hop le plus underground parce que j’étais loin de Radio Nova, des radios parisiennes, c’était quelque chose qui avait la puissance universelle de textes venus d’un endroit très spécial qui était la banlieue et dont moi, j’étais très, très loin, mais qui charriaient des choses qui m’ont fait vibrer et qui m’ont bouleversé.”

Totémic


27 min

Le Monde de demain, mini-série en 6 épisodes de 52 minutes, créée par Katell Quillévéré, Hélier Cisterne et David Elkaïm, à voir sur Netflix et Arte

3. Normal People

Dans une ville d’Irlande, Connell, lycéen populaire, membre de l’équipe de foot, entretient un lien ambigu avec Marianne, jeune fille intello et solitaire, troublante, chez qui la mère de Connell travaille comme femme de ménage. Ils vont entamer une liaison secrète. Au programme de cette histoire passionnée, mais contrariée : amour, ruptures, rendez-vous manqués, et créativité. Tous les aspects de l’adolescence sont concentrés dans cette adaptation du livre à succès Normal People de la jeune autrice Sally Rooney, la Jane Austen du XXIe siècle.

Dorothée Barba, dans

Capture d’écran : “Rarement le désir et le plaisir n’ont été aussi bien filmés. J’en ai des frissons rien que d’y penser. Il y a une dizaine de scènes de sexe au fil des douze épisodes de “Normal People” : elles ne sont pas – loin de là – le seul intérêt de cette série, mais elles sont particulièrement réussies. Sans doute parce que l’équilibre fragile de ces instants est autant montré que leur beauté. Il y règne un naturel et une tendresse immensément rares.”

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Normal People, de Sally Rooney et Alice Birch, saison 1, à voir sur Canal+ ou Amazon Prime Video

4. Euphoria

Dans

Les 80”, Nicolas Demorand s’exprimait à propos de la série : “Il faut s’y reprendre à plusieurs fois pour regarder cette série sombre et suffocante. Chaque épisode vous rince et vous laisse hébété. Structure du récit, personnages, couleurs, ça ne ressemble à rien de connu. […] Euphoria est interdite aux moins de 16 ans et renvoie les plus de 35 ans dans une très lointaine préhistoire, celle de leur propre adolescence. Mais ce choc classique prend ici la forme d’un vacillement, un vacillement insensé devant l’inconnu.”

Les 80”


2 min

Euphoria, créée par Sam Levinson, à voir sur Amazon Prime Video

5. Sex Education

Maeve et Otis sont deux lycéens britanniques. Elle est rebelle et fantasque, et lui est un puceau un peu timide. Ils forment un trio amical avec Eric, jeune garçon gay extraverti. C’est une série drôle, touchante et informative sur ce que la sexualité adolescente peut être réellement. Des paysages magnifiques de campagne anglaise forment le décor de leurs histoires – de cœur et de cul – où affleurent les fragilités d’adolescents en proie à des questionnements identitaires. Enfin, c’est une série qui parle de sexe avec respect, intelligence et réalisme. Mention spéciale à Gillian Anderson, sexologue sans filtre, mère d’Otis.

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6. Misfits

Dans cette série de science-fiction anglaise, cinq post-adolescents, des “misfits” (“inadaptés”) aux tempéraments bien différents effectuent des travaux d’intérêts généraux. Frappés par la foudre, ils développent des super-pouvoirs. Après avoir perpétré un crime ensemble, ils vont devoir protéger leurs secrets, et faire face à de nombreuses mésaventures, commencer à faire confiance aux autres et à soi-même, métaphore du passage à l’âge adulte. En effet, ils vont devoir apprendre à maîtriser leurs pouvoirs. Ce ne sont absolument pas des super-héros à la Marvel, mais des jeunes qui apprennent en galérant à appréhender leurs capacités nouvelles. Humour noir et rocambolesque, pour une série addictive.

Misfits, créée par Howard Overman, 5 saisons, à voir sur Canal+

7. Chair Tendre

Cette série a pour héroïne une adolescente intersexe. Sasha, 17 ans, dont le corps a été mutilé à la naissance par des opérations dites “réparatrices”, l’assignant à un genre masculin auquel elle ne s’identifie pas, se pose, désormais adolescente, des questions sur son identité, et parvient avec peine à s’intégrer dans son nouveau lycée.

C’est une série vraiment novatrice dans le sens où il y a peu de personnes intersexes dans l’espace public et dans les fictions. Pour Lysandre Nury, acteur dans la série, au micro de Giulia Foïs, dans

En Marge, on essaie de cacher cette réalité au maximum, “de faire croire que ça n’existe pas.” D’où l’importance de cette série, la toute première à s’emparer d’un sujet qui pourtant concerne 2 % de la population, mais qui, au-delà, nous interroge tous sur ce que sont ces cases dans lesquelles on nous enferme, sur l’arbitraire des normes, et même sur leur cruauté.

Pour Xavier Leherpeur, dans “Xavier en série” : “C’est avant tout le destin d’une jeune fille qui découvre effarée qu’en raison de son « statut », les décisions ont été prises à sa place par des autorités, parentales ou médicales qui refusent de se donner tort. Chair Tendre parle d’intersexualité, mais pas seulement. Portée par l’interprétation remarquable d’Angèle Metzger, c’est une série qui affirme notre droit à disposer de notre corps et choisir qui nous sommes. Sujet universel plus que jamais d’actualité.”

Leherpeur en séries


3 min

Chair Tendre, de Yaël Langmann, saison 1, à voir sur France TV Slash

8. The Politician

Dans cette série créée par le trio formé par Ryan Murphy, Brad Falchuk et Ian Brennan, on suit la campagne pour les élections du président du conseil des élèves dans un lycée américain, une sorte de super délégué. C’est une première étape pour le jeune Payton, fils adoptif d’une riche famille, qui a une ambition sans limites et se projette en président des États-Unis. Tout est permis, pour obtenir le trône tant espéré. Cette “teenage serie” constitue un savant mélange entre Succession, pour les batailles de pouvoir sans foi ni loi et de Glee pour l’aspect comédie musicale enthousiasmant. On retrouve la patte de Ryan Murphy (American Horror Story) – des images acidulées et un propos terriblement cynique – et une bonne dose de satire du monde politique. Les interprétations de Jessica Lange et Gwyneth Paltrow sont à saluer, respectivement grand-mère et mère de ces aspirants politiciens.

Eva Roque, dans

Capture d’écran : “Série grinçante et drôle sur l’ambition et le pouvoir, donc, mais pas seulement. ‘The Politician’ interroge aussi le genre et donne une large place aux personnages gays et trans (autre marque de fabrique de Ryan Murphy). Et puis c’est surtout une réflexion sur l’obsession des apparences. On pourrait résumer cela en une phrase, un aphorisme bien connu des anglophones : ‘Fake it till you make it’.”

Capture d’écrans


3 min

Capture d’écrans


3 min

The Politician, Ryan Murphy, Brad Falchuk et Ian Brennan, 2 saisons, à voir sur Netflix

9. Atypical

On suit le quotidien de Sam, un ado autiste, en quête d’amour. Dans sa famille, le quotidien est réglé sur le sien et sur son besoin de contrôle. Il parvient, avec l’aide d’un entourage aimant, à vivre une vie presque ordinaire, et aussi à avoir une petite amie. C’est une série qui montre avec finesse les implications que cela peut avoir d’être une personne au spectre autiste, en nous faisant rire, et vibrer au diapason de Sam. Les personnages secondaires sont très forts, notamment sa sœur Casey, adolescente également, qui se questionne sur son identité, et sa mère, qui connaît un adultère qui bouleverse toute la famille. Atypical détonne un peu dans le paysage des séries, car elle traite un sujet plutôt sérieux avec légèreté et humour. Et cela fait du bien.

Hélène Roussel, dans

Les 80″ : “Atypical permet au spectateur de mieux comprendre, et même de s’identifier : on voit le monde à travers sa voix off et son regard. Il a une hypersensibilité sensorielle, irrité par les bruits et la lumière, ceux-ci sont accentués pour mieux nous aider à comprendre ce qu’il ressent. Terminé le personnage autiste mystérieux qui semble venir d’une autre planète.”

Les 80″ de…


2 min

Atypical, créée par Robia Rashid, 4 saisons, à voir sur Netflix

10. I May Destroy You

Arabella est une toute jeune autrice londonienne, qui doit rendre un manuscrit, mais qui ne trouve pas l’inspiration pour écrire. Un soir, elle sort avec ses amis, consomme drogue et alcool, et rentre chez elle, sans beaucoup de souvenirs de la fin de soirée. De là, débute une quête pour savoir ce qu’il s’est passé cette nuit-là. De brefs flashes lui reviennent en mémoire à propos d’un acte sexuel qui pourrait s’avérer avoir été un viol. Une série sur le consentement, très bien écrite et réalisé, sous forme de coup-de-poing. Qui remuera, à coup sûr.

Cette série britannique, écrite, réalisée et produite par la jeune et talentueuse Michaela Coel suit des tout jeunes adultes, mais elle n’est pas à montrer à des spectateurs trop jeunes, car elle traite de sujets qui peuvent être difficiles à appréhender avant 16 ans.

Ava Cahen, dans

“Xavier en séries” : “C’est formidablement écrit, visuellement ça en jette, c’est coloré, moderne, le style est urbain, tout le casting est remarquable. C’est une série immanquable. Franchement, j’ose le dire, une des plus grandes séries de 2020.”

Une heure en séries


52 min

I May Destroy You, de Michaela Coel, saison 1, à voir sur Canal+ ou Amazon Prime Video

10 séries époustouflantes pour une plongée en adolescence