Les Arcs Film Festival : Le Lab Femmes de Cinéma

2022 a été une année particulièrement riche en excellent films d’horreur. Voici les 10 meilleurs selon Rolling Stone.

2022, année horrible ? En tout cas, année de l’horreur, avec beaucoup de grand films et beaucoup de variété. Films d’auteur ont côtoyé les films à gros budget et les films indépendants. Des éléments de films d’horreur se sont retrouvés intégrés dans tous les domaines, des films d’animation aux superproductions (Doctor Strange in the Multiverse of Madness de Sam Raimi n’est rien d’autre qu’un film Evil Dead qui s’est retrouvé dans le MCU).

Voici les 10 films d’horreur qui nous ont fait perdre le sommeil en 2022, qui nous ont fait sortir de nos zones de confort, qui nous ont fait hurler dans le noir à côté des autres personnes dans la salle, et qui nous ont rappelé à quel point le genre peut être puissant.

(Mention honorable à certains des autres films effrayants de l’année : Dashcam, Flux Gourmet, Fresh, The Innocents, Mad God, Le Menu, Smile et A Wounded Fawn. Et si nous hésitons à « recommander » un film aussi tordu et désagréable que The Sadness, le film de zombies sud-coréen qui a fait pâlir même les fans d’horreur blasés, nous devons reconnaître qu’il fait exactement ce qu’il a prévu de faire. Faites preuve d’une extrême prudence à son égard).

10 – Scream

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Vous aimez les films d’horreur sur les films d’horreur qui se moquent des autres films d’horreur tout en leur rendant hommage ? Dans ce cas, le dernier opus de la franchise de méta-horreur vous a probablement fait monter au septième ciel. Les réalisateurs Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett (le même duo qui nous a donné le tout aussi insolent Ready or Not) actualisent la série Scream pour l’ère « requel » de la franchise et l’ère du fandom toxique, en faisant passer Neve Campbell, Jenna Ortega (Mercredi) et de nombreux acteurs de la génération Z dans une galerie des glaces du genre. Et même si les cinéastes ont une idée derrière la tête, ils n’oublient pas le plaisir de voir Ghostface brandir un couteau géant et éliminer les adolescents un par un. Oui, on peut faire quelque chose de sarcastique et d’effrayant en 2022 sans brader sa série.

9 – Nope

Dans ce film, Jordan Peele pose la question : et si le vaisseau-mère de Rencontres du troisième type était en fait le requin des Dents de la mer ? Une critique des superproductions, le troisième long métrage du scénariste-réalisateur n’est pas aussi révolutionnaire que Get Out ou aussi effrayant que Us. Pourtant, sa mise à jour de l’horreur/science-fiction des années 1950 est toujours aussi inquiétante et suscite avec brio un sentiment d’effroi à chaque fois que sa soucoupe volante, prédatrice par excellence, s’élance de nuage en nuage à la recherche d’une nouvelle proie. Daniel Kaluuya et Keke Palmer transforment leur chasse à la preuve que les extraterrestres sont parmi nous en un dernier combat de l’humanité, tandis qu’une intrigue secondaire impliquant l’ancien enfant star de Steven Yuen et un chimpanzé en liberté est une pure terreur. Il s’améliore et devient de plus en plus inquiétant à chaque visionnage.

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8 –  Bones and All

Non, la belle histoire d’amour entre jeunes cannibales de Luca Guadagnino n’est pas du goût de tout le monde. Trop gentillet pour les amateurs d’éclaboussures et trop extrême pour le grand public en quête d’un Oscar. Oui, il transforme le roman pour adolescents de Camille DeAngelis en film d’horreur le plus romantique de l’année. L’adolescente marginale et avide de chair humaine de Taylor Russell prend la route à la recherche d’informations sur sa mère disparue depuis longtemps, pour découvrir toute une communauté de « mangeurs » vivant en marge de l’Amérique de l’ère Reagan. Elle fait également la connaissance de Lee (Timothée Chalamet), un beau gosse qui partage sa maladie et qui devient rapidement son compagnon de voyage. On pourrait croire qu’il s’agit d’un Twilight pour carnivores, mais le film comporte quelques séquences à vous arracher les tripes.

7 – Piggy

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Sara, une jeune femme timide et bien en chair jouée de façon magistrale par Laura Galán, travaille dans la boucherie de ses parents et subit les railleries constantes de la clique locale de filles méchantes. L’apparition soudaine d’un vagabond débraillé (Richard Holmes) et quelques disparitions inexpliquées laissent penser qu’un tueur en série sévit peut-être dans son petit village ; la question est de savoir s’il s’agit de quelqu’un qui risque de tuer Sara ou d’être son ange gardien. La réalisatrice Carlota Pereda, qui a fait ses débuts à la télévision espagnole, joue à la fois avec le thriller de la vengeance et les tropes de l’horreur gore et du maniaque en liberté, mais elle nous donne aussi des raisons de prendre le parti de son héroïne, qu’elle essaie d’échapper à ce psychopathe en visite ou qu’elle devienne son apprentie. Les scènes de torture littérale ne sont rien comparées aux humiliations subies par Sara. Et l’image de Galán couverte de sang sur une route isolée est immédiatement devenue iconique.

6 – Soft & Quiet

Qu’y a-t-il de plus effrayant que Freddie, Jason, Chucky et Michael Myers réunis ? Que diriez-vous d’une cabale de femmes blanches d’âge mûr néo-nazies ? Beth de Araújo, qui en est à sa première expérience en tant que scénariste et réalisatrice, vous propose un cauchemar américain, qui se déroule en temps réel grâce à une mise en scène élaborée en un seul plan, qui vous oblige à vous mettre dans la peau d’un groupe de femmes se livrant à la haine sur Instagram. Le côté naturel et léger de leur toxicité et la façon dont une nouvelle venue dans le groupe (Eleanore Pienta) est si facilement persuadée de cracher des commentaires racistes sont un peu trop proches de la réalité pour être confortables, et lorsque le décor est planté pour que ces personnes agitées passent des paroles à l’action, vous savez que les choses vont aller de mal en pis. Les 30 dernières minutes de ce film indépendant, qui transforme une effraction dans un domicile en crime haineux, sont si tendues qu’elles sont presque impossibles à regarder. Prenez cela comme un compliment et un avertissement.

5 – Men

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L’allégorie d’Alex Garland sur le mal que font les hommes (nous parlons bien ici des humains de sexe masculin) a été accueillie par une vague d’hostilité à sa sortie. Permettez-nous de suggérer qu’il s’agit du film d’horreur le plus injustement dénigré de ces 12 derniers mois, et qu’il mérite amplement sa place sur cette liste. Une femme récemment devenue veuve nommée Harper (Jessie Buckley) se rend dans la campagne anglaise pour tenter de faire son deuil et de guérir. Un jour, alors qu’elle se promène, elle aperçoit une silhouette sinistre et nue qui semble la suivre. Elle appelle la police, qui ne semble pas être d’une grande aide. Pas plus d’ailleurs que la plupart des hommes qu’elle rencontre en ville. On comprend vite ce que Garland manigance, et l’évidence de son message sur la dérive misogyne systématique n’a d’égal que son caractère troublant, surtout lorsque le dernier acte s’aventure sur un terrain hallucinatoire. Buckley et son partenaire Rory Kinnear méritent tous deux des félicitations pour leur travail, tout comme l’équipe des effets visuels.

4 – Ne dis rien

Un père (Morten Burian), une mère (Sidsel Siem Koch) et leur jeune fille (Liva Forsberg) sont en vacances en Toscane. Dans leur villa, ce clan danois rencontre une autre famille de trois personnes. Le patriarche de ce trio (Fedja van Huêt) est on ne peut plus sociable et sa femme (Karina Smulders) semble tout aussi sympathique et extravertie. Leur fils, curieusement, ne dit rien. Les parents expliquent qu’il souffre d’un défaut de naissance qui affecte sa langue. Quelques mois plus tard, les Danois sont invités à rendre visite à leurs nouveaux amis dans leur maison au fond des bois. Et avec cette simple prémisse, le réalisateur Christian Tafdrup met en place une descente aux enfers version classe moyenne. Votre nouvelle épreuve d’horreur européenne préférée.

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3 – Barbare

Grand succès de l’horreur de 2022, ce film intelligent, drôle, réellement effrayant et extrêmement brutal (quand il le faut) du réalisateur Zach Cregger est une variation du bon vieux « n’allez pas dans le sous-sol ». Il semblait sorti de nulle part, sans grand bruit au début. (Il s’est placé en tête du box-office américain lors de son week-end d’ouverture, ce qui a été considéré comme une victoire par défaut, la fin de l’été étant une zone morte pour les nouvelles sorties). Puis le bouche-à-oreille a commencé à se développer, et même ceux qui n’aiment pas habituellement les films d’horreur ont commencé à le remarquer. Une femme (Georgina Campbell) loue un Airbnb dans un quartier difficile. Lorsqu’elle s’y rend, un autre locataire (Bill Skarsgård) occupe déjà la résidence. C’est par désespoir qu’ils acceptent de partager l’endroit. Et puis, au milieu de la nuit, elle entend un bruit étrange….. Même lorsque vous pensez savoir où cela va vous mener, Barbare continue de vous couper l’herbe sous le pied. On a vraiment hâte de voir ce que Cregger fera ensuite.

2 – Prey

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Et maintenant, quelque chose de complètement inattendu. La contribution du réalisateur Dan Trachtenberg à l’univers de Predator n’est pas seulement une extension intrigante de la franchise. Il s’agit d’un chef-d’œuvre de série B, un thriller survivaliste, un film d’horreur qui, comme son extraterrestre emblématique et son traqueur indigène, est extrêmement bon dans ce qu’il entreprend. En envoyant le chasseur interstellaire préféré de tous dans la nation Commanche en 1719, ce film apporte du sang neuf à la série en faisant un retour en arrière (sans oublier de faire un parallèle entre toutes sortes d’envahisseurs dans le « Nouveau Monde ») et nous donne une héroïne d’action de premier ordre sous la forme de Naru, jouée par Amber Midthunder. De plus, il rend une créature célèbre encore plus effrayante en ajoutant un crâne à son armure et met en scène un climax à mourir. 10/10, un point c’est tout.

1 – X

Des tonnes de films rendent hommage à Massacre à la tronçonneuse, mais ce film est l’un des rares à donner l’impression d’avoir été présenté sur une affiche double avec le chef-d’œuvre de Tobe Hooper à l’époque. Une équipe de tournage se rend dans une ferme isolée du Texas pour tourner le plus grand film pornographique du Lone Star State. Le couple de personnes âgées pieuses qui possède la propriété tolère à peine la présence de ses invités. Pourtant, la star du film (Mia Goth) semble éveiller quelque chose chez la matriarche de la maison, et c’est alors que les choses deviennent sanglantes. West s’imprègne naturellement de l’ambiance grunge des classiques de l’horreur et nous gratifie d’une scène impliquant des phares et des projections de sang qui est tout simplement magnifique (il faut remonter aux premières saisons d’Hannibal pour trouver quelque chose d’aussi grotesque et beau à la fois). Mais il ajoute aussi à son répertoire quelque chose d’inattendu : une résonance émotionnelle. Et grâce à Mia Goth, il a trouvé non seulement une reine du cri parfaite, mais aussi une collaboratrice hors pair ; son travail ici et dans le film complémentaire de X, Pearl (qu’elle a coécrit avec West), permet de tisser une étude de caractère à travers tout le carnage à l’écran. On va voir ce film pour la poussée d’adrénaline liée au sexe et à la violence. On en ressort en ayant été témoin d’un événement qui fait se rencontrer les impulsions les plus basses et l’art… à plus d’un titre.

David Fear

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Traduit par la rédaction

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