Pénalités aux hommes d’affaires : Un astéroïde a percuté l’orbite de l’oligarchie corrompue

par Carly Dollin

Bigio, Deeb, Abdallah ; ce sont des patronymes que l’on croyait élitistes mais qui se révèlent des noms d’apaches associés aux exactions qui ont saboté la paix et le développement d’Haïti. Ces propriétaires des plus grandes entreprises privées du pays – actionnaires de banques commerciales, parrains des mercenaires politiques et partenaires d’affaires des dealers – ont été indexés de connivence dans la distribution d’armes et de munitions aux criminels des rues. En raison de leur comportement déviant analogue à celle de la palanquée de caméléons politiques attachés au cartel PHTK, ces gros poissons pourris sont pris dans le filet des sanctions de l’Occident traitre qui savent mordre de travers ses propres missionnaires installés au sein des sociétés convoitées.

Mardi 13 décembre 2022 ((rezonodwes.com))–

Soudain, ces pharaons opulents dans la crasse qui ont cautionné les multitudes de cruautés au pays envisagent des programmes de réformes incitant à la concurrence loyale et à des pratiques conformes à l’éthique. Canular difficile à digérer puisque c’est depuis plusieurs décennies que ces racketteurs des oligopoles déloyaux ont érigé des barrières d’entrée à tout jeune entrepreneur qui choisirait d’évoluer dans leurs secteurs. Il y a évidence que c’est la correction « partiale » de l’Occident qui pousse ces profiteurs des contrats publics souterrains à promettre de soutenir la compétitivité, l’inclusion sociale et la croissance économique d’Haïti.

Mais, que faisaient ces multimillionnaires tout-puissants durant la débâcle intégrale concoctée par le régime criminel PHTK dont ils sont des sponsors au cours des élections et des profiteurs après investiture ? Location d’hélicoptère dans une surfacturation stupéfiante, contrats d’énergie, achats et reventes de produits importés sous couvert de titres consulaires ; ces ravisseurs faisaient leur beurre. Parallèlement, ils n’ont contribué à l’érection d’aucune infrastructure viable au profit de la collectivité. Décidément, il faut que les contrebandiers économiques et politiques cessent de prendre les enfants du Bon Dieu comme des canards sauvages.

Pendant que la masse est engloutie dans la crasse et que la classe moyenne se plaint des conditions dégradantes de l’économie, ces boucaniers mobilisent quelques institutions prostituées et des « intellectuels petits » pour les blanchir de leurs prédations sur les différents secteurs économiques. Chaque année, ils sont honorés pour leurs exploits dans le système financier du pays. On se demande pour quels résultats concrets.

Il est contre-intuitif que le système bancaire savoure du succès dans un climat de fuite de capitaux intenses où les professionnels et les PME compétitifs se déguerpissent. Il y a raison pour que le scepticisme s’amplifie sur la source de ces prétendues valeurs ajoutées perçues au sein des entreprises commerciales. Est-il logique que tous les indicateurs soient en rouge alors que les banques commerciales claironnent d’être en bonne santé financière ? L’incohérence entre le baromètre et l’atmosphère des affaire est patente. Il y a anguilles sous roche.

Chasseurs devenus gibiers

Depuis l’adoption à l’unanimité du régime de sanctions contre des personnalités liées à des réseaux criminels en Haïti par le Conseil de sécurité de l’ONU (Réf. 1), les nouvelles génératrices de colique et de crise cardiaque ont pris une tournure inversée en Haïti. Les victimes de la dernière décennie seraient enclines à claironner : « Un jour pour chasseur, un jour pour gibier ». Car ce sont aujourd’hui les riches malhonnêtes qui sont dans le collimateur des flibustiers étrangers qui ont foutu la merde en Haïti.

La dialectique inviterait à ne pas aller trop vite en besogne en rédigeant une conclusion hâtive de la victoire de la majorité bafouée sur la minorité prédatrice. Par contre, il ne faudra pas atteindre la chute du film pour percer l’objectif malsain d’une chorégraphie macabre préconçue par l’Occident. En effet, un comportement attentiste serait suicidaire car le vent géopolitique n’est jamais favorable aux sociétés dont l’élite probe nage dans l’inaction.

Dans une attitude proactive, les esprits avisés sont plutôt conviés à influencer la narration à l’avantage de la nation. Il faut que les citoyens engagés poursuivent le projet éclaireur d’étayer les thèses d’un complot contre Haïti qu’il faut esquiver.  De cette volonté manifeste de l’Occident de fouler le sol du pays dans une invasion militaire, tous les mauvais coups seraient permis. Toutefois, tant et aussi longtemps que les arguments sont greffés sur les références internationales, les hypocrites seront gênés à donner libre cours à leur désir chtonien de concrétiser la catastrophe préfabriquée au détriment du pays. Puisse la conscience citoyenne continuer d’éclairer la lanterne de la société sur les objectifs dissimulés de l’Occident.

Conversion spontanée

« Les choses anciennes sont passées et voici toutes choses sont devenues nouvelles ». Dans un brusque examen de conscience, le secteur privé des affaires en Haïti serait converti de son attitude sadique de plonger Haïti dans la tragédie. Tant par leurs actions que par leurs inactions complices, ces véritables sorciers ont participé activement à la disparition de plusieurs compatriotes au cours de la dernière décennie. Après avoir obstrué le développement du pays dans la concurrence déloyale de satisfaire leurs intérêts mesquins, les acteurs du secteur privé se présentent devant l’autel populaire afin d’obtenir la rémission de leurs péchés.

Ils promettent monts et merveilles ; ils sont devenus des enfants de cœur disposés à « coopérer avec une administration transitoire de consensus pour élaborer et présenter une feuille de route politique, humanitaire et économique vers une nouvelle Haïti ». Une simple analyse du timing entre la date des sanctions et celle de la promulgation de la note du secteur privé révèle une forte dose d’hypocrisie de cette apostasie de l’élite économique crasseuse. On y perçoit un sermon prononcé par des disciples de Lucifer qui promettent de ne plus pécher.

Force est de constater que les mesures prises contre les contrebandiers économiques par les amis hypocrites d’Haïti ont fait bouger les lignes avec fracas. Le secteur privé des affaires piloté exclusivement par ces personnalités indexées de collusion dans la prolifération des gangs s’est soudainement rendu compte qu’il pouvait promouvoir l’inclusion sociale et la concurrence loyale en Haïti. Dans cette note de presse du 8 décembre dernier (Réf. 2), ayant l’empreinte de la plupart des familles épinglées de commerce illicite, la classe économique pourrie s’est avilie d’avoir été des entrepreneurs passifs sinon des coupables de la catastrophe de la république.

Devrait-on croire à une conversion du cœur ou à une astuce trompe l’œil pour que cette oligarchie corrompue redore son blason à la suite de ces mesures coercitives qui salissent son image ? Toute la ville parlait déjà de la cohabitation malsaine entre ces hommes d’affaires avec les bandits. Tout au long de la domination de cette kakistocratie suffocante, il a été ressorti que de nombreux « bourgeois » Haïtiens sont associés au kidnapping, aux crimes, aux deals de cocaïne. La différence provient uniquement du fait que ce soit le Canada et les USA qui fourrent leurs nez dans les manèges de ces faux bourgeois entêtés à s’enrichir illicitement.

Sous la présidence de Martelly, le scandale du kidnapping de Brandt sur les Moscoso avait atteint toutes les oreilles dans la stupéfaction. C’était un tout premier épisode du feuilleton de l’implication des grands noms dans les crimes qui allait se solder par l’incarcération d’un Brandt que l’on prétextait victime de crise psychique afin de blanchir le patrimoine social que charrie ce nom. D’autres scandales de distributions d’armes, de drogue et de crimes odieux allaient suivre. Par exemple, le sucre chez les Accra serait un poudre dopant interdit à mélanger avec du café.

Également, la planification du magnicide du siècle émanerait d’un complot de ces maestros de l’exploitation révoltés d’un président paranoïaque qui ne pouvait plus jouer le jeu de la mafia. Définitivement, cela fait plusieurs années que le déshonneur a envahi le patronat scélérat derrière lequel se cachent des noms de familles qui sont mêlés dans toute sorte de scandales.

Prière populaire exaucée ?

En tant qu’exploitée séculaire – victime des actes repréhensibles de kidnapping, de corruption et des crimes odieux perpétrés à la Cité – la population aurait raison de nourrir l’impression que son invocation pour que la patte de la justice soit déposée sur les cerveaux des crimes ait été exaucée. Il n’est plus à démontrer que les abrutis qui bloquent les artères des villes et des bidonvilles sont la pointe de l’iceberg. La débâcle sécuritaire étant provoquée par la folie d’un cartel politique cruel truffé d’usurpateurs et de narcotrafiquants. La prolifération des armes est mobilisée par la velléité électoraliste de surfer dans la bulle officielle ad vitam aeternam. Les diables sont tombés sur la tête.

Éradiquer les capitaines visibles et les patrons invisibles du PHTK de l’arène politique pour plébisciter une gouvernance empreinte de science et de conscience est le point de départ pour qu’Haïti gagne sa place dans le concert de la modernité. Nous avons mille fois réitéré que plutôt que de s’attaquer aux criminels à sapates, il faut cibler leurs commanditaires cachés dans les cercles dorés qui contrôlent les contours économiques, diplomatiques et politiques de la république. Ainsi, sans être l’objectif initial, l’adoption de la résolution de sanctionner les vauriens politiques et économiques offre des avantages à l’élite probe du pays de se conscientiser sur sa vocation de prendre les rênes du pouvoir. Tant vaut le dirigeant, tant vaut la nation.

Dans une certaine mesure, les bougies allumées dans les fesses des mercenaires économiques et politiques ont donné des fruits. Le Canada a saccagé un certain confort inconfortable pour le plus grand nombre. De rares initiatives sinon aucune durant la dernière décennie avaient poussé les acteurs de la mafia économique à se réunir pour adopter des dispositifs qui promettent de changer le panorama social.

Devrait-on ovationner l’Occident dans cette démarche qui paraît salutaire tout au moins en périphérie ? Oui, mais en partie. Le triomphe de la justice ne peut qu’être à l’avantage de la postérité. Cependant, appliquer des sanctions contre les concussions et les avoirs illicites suivies de confiscations sans envisager la restitution demeure un modèle partiel qui ne casserait pas les incitations à l’enrichissement illicite.

Quand la population demande « Kote Kòb Petrocaribe a », « Kote Kòb CIRH la », « Kote Kòb Dola senkant lan », elle n’entend pas que l’on identifie uniquement les endroits bénéficiaires de tels fonds. Elle souhaite surtout que de telles ressources dilapidées du trésor public destinées au développement du pays y soient retournées.

La justice ne doit-elle pas être exhaustive ?

Sachant que l’Occident ne sort jamais un seul pion qui ne sert ses intérêts mesquins, on ne saurait crier victoire d’Haïti dans cette vague de sanctions partiales qui entraînent gel des avoirs, interdiction de voyager et d’autres mesures contre une partie de ceux qui encouragent des activités criminelles et la violence au pays. La justice étant une femme aux yeux bandés, ses projecteurs ne peuvent se braquer que sur des groupuscules d’une certaine couleur, d’une certaine origine ou d’un certain statut. Dans une extension transnationale, les sanctions doivent viser les criminels internes et externes, sans exception aucune.

Il est incohérent de vouloir sanctionner Babecue sans envoyer une lettre de mise en demeure à Helen Lalime qui faisait l’éloge de la fédération des gangs dont Babecue est le chef de file. Michel Martelly est patron d’Ariel Henry. D’ailleurs, c’est par cette amitié intéressée entre le parrain suspect du plus grand crime odieux du pays que ce nouveau filleul lui-aussi soupçonné est monté en grade pour diriger le pays dans une monomanie aveugle.

Serait-ce un couple mastermind et intermédiaire du magnicide du siècle ? En tout cas, les doutes d’hier tendent à se transformer de plus en plus en évidence. La psychopathie semble s’inverser entre le soigneur et le détraqué. L’Occident ne dispose-t-il pas d’assez d’informations pertinentes pour déceler que l’assassinat du président Moïse ne saurait-être possible sans l’approbation de son entourage politique immédiat ? Qu’ils soient les grands commis détenteurs d’informations sur le complot que les cerveaux du crime, il y a des gens que la justice ne devait jamais laisser pavaner dans une paix factice. Notamment des anciens et actuels chefs du CSPN.

De ce déficit de l’autorité publique, remarquons que les autorités haïtiennes sont inaptes à faire des suivis sur les sanctions et confiscations qui nécessitaient que les interlocuteurs étrangers et locaux se parlent dans le respect mutuel. Ce n’est pas un Premier ministre courbé par la lordose qui saurait jouer ce jeu de souveraineté. La question pertinente que l’on ne saurait manquer de poser est la suivante : « Qu’en est-il des réparations et du recouvrement de ces avoirs confisqués à l’étranger ? Quel est le gain réel d’Haïti dans cette démarche qui sans suivi serait une mascarade pour masquer le vrai motif du bourreau qui voudrait se faire passer aujourd’hui pour le grand juge de la cour ?

Les soutiens au trafic illicite, le détournement d’armes et de matériels connexes sont inter alia des critères décrits dans la résolution de l’ONU pour désigner les coupables. Les comportements barbares de tout maillon dans la chaine de la criminalité ont occasionné tellement de dérives dans la société. Pertes en vies humaines, kidnapping, fuite massive de cerveaux et de capitaux. L’Occident est-il intéressé à remonter à l’origine de la criminalité ?

D’une part, les armes et munitions inventoriés en Haïti proviennent majoritairement des États-Unis. D’autre part, les inculpés étaient de fidèles copains des parrains étrangers qui soudain les trahissent pour le besoin de leur cause. Haïti est alors en droit d’indexer le prétendu donneur de leçon dans sa culpabilité et demander justice et réparation. Sans langue de bois, le Canada et les États-Unis sont complices de la situation chaotique d’Haïti. On ne doit pas faire confiance à ces flibustiers. Encore et encore, leur véritable objectif reste voilé.

Carly Dollin
Instructor-PhD Student in Economics
Master Student in Statistics 
Washington State University (WSU)
wsu.edu

Pénalités aux hommes d’affaires : Un astéroïde a percuté l’orbite de l’oligarchie corrompue