Camper dans l’Outback tu ne feras pas !

Salut les petits loulous de la séance Shadowz. Comment ça va ? Pas trop chaud ? La canicule n’a pas encore eu votre peau ? On l’espère, parce que la proposition du jour ne risque pas de rafraîchir vos ardeurs. Le moment est venu pour nous de tirer notre révérence le temps de plusieurs semaines afin de prendre des vacances plus que méritées. Rassurez-vous, la séance Shadowz va perdurer le temps de notre absence, elle ne sera juste plus chapeautée par nos bons soins. Et comme nous voulions vous dire « au revoir » en bonne et due forme, nous n’avons pas résisté à vous laisser avec un énorme défouloir comme nous les affectionnons tant. Wolf Creek 2 est de ces OVNI tellement sous-côtés qu’il demeure sans cesse parmi notre top en termes de recommandations horrifiques modernes. Nul besoin d’avoir vu le premier opus afin de comprendre cette suite. Réalisé par un enfant de l’Outback Australien, Greg McLean, Wolf Creek 2 doit beaucoup à Tobe Hooper et ses deux premiers volets de Massacre à la Tronçonneuse. Un psychopathe, une chaleur étouffante et une bonne grosse dose de gore… voilà le programme que nous avons décidé de vous offrir pour notre dernier papier avant un moment. Bienvenue dans votre séance Shadowz.

Un couple de touristes allemands, Katarina et Rutger, fait la traversée de l’Australie en auto-stop. Ils visitent le site du cratère de Wolfe Creek. N’ayant pas réussi à trouver de voiture pour les emmener, ils décident de dormir sur place dans leur tente. Ils sont réveillés par Mick Taylor, un bushman psychopathe, qui leur propose de les déposer au camping le plus proche, leur déclarant qu’ils se trouvent dans un parc national où il est interdit de camper. Les deux jeunes campeurs refusent poliment la proposition de Mick, effrayés par son comportement, lui annonçant qu’ils partiront à pied le lendemain. Enragé par leur refus, Mick les attaque sauvagement.

Wolf Creek 2 est une bombe ! Greg McLean poursuit sur la belle lancée laissée en fin de premier chapitre pour passer la seconde d’une bien belle manière. Le premier quart d’heure du film annonce la couleur : ça va saigner… et pas qu’un peu ! McLean corrige les erreurs du premier film pour n’en garder que ses meilleures qualités. En effet, Wolf Creek premier du nom proposait une ambiance pesante, dans la lignée de Massacre à la Tronçonneuse, mais n’était pas bon dans ses finitions. Là où Tobe Hooper achevait le spectateur par un final magistral, McLean n’offrait qu’un vulgaire pétard mouillé laissant le spectateur sur sa faim. Prenant toujours modèle sur Tobe Hooper, Wolf Creek 2 ose une escapade décomplexée en centrant son action non plus sur les victimes, mais sur notre tueur. Massacre à la Tronçonneuse 2 proposait la même chose tout en n’omettant pas d’être ouvertement drôle et gore (pour ne pas dire parodique). Wolf Creek 2 peut se targuer d’en faire de même. McLean continue de jouer avec les codes du genre pour nous livrer un film aussi fou que brillant. Le spectateur sait perpétuellement ce à quoi pense Mick Taylor. Il est sans cesse confronté aux délires obscènes de ce tueur sadique, mais ne peut s’empêcher de nourrir une sympathie hors norme pour lui. À la manière d’un Rob Zombie de l’époque Devil’s Rejects, le réalisateur rend son personnage attachant alors qu’il nous rappelle sans cesse à quel point c’est un immense taré. On prend un malin plaisir à attendre les répliques assassines de Mick Taylor. John Jarratt, qui interprète l’antagoniste, pousse son personnage vraiment très loin. Un boogeyman aussi drôle, on n’en avait pas vu depuis Freddy Krueger. Il amuse la galerie sans jamais s’essouffler et son esprit est inventif en ce qui concerne les mises à mort.

Wolf Creek 2 est obscène dans ses exécutions, mais ce n’est jamais pour nous déplaire. Le film garde un côté cartoon dans ses effets gores et permet aux estomacs les plus fragiles de tenir la cadence. Rarement un film gore est parvenu à rendre aussi jubilatoire une tête qui explose ou encore des dépeçages d’êtres humains, Wolf Creek 2 en devient presque ludique de ce point de vue. Les maquillages sont d’une précision infinie et jouent énormément sur les qualités que nous lui trouvons. McLean offre un film sanglant en jouant pleinement avec les codes conventionnels du film de genre pour délivrer une suite totalement folle. En prenant le contre-pied de son premier film, il s’amuse comme un enfant sur les routes chaudes entourant le cratère de Wolfe Creek. Il y a de véritables séquences anthologiques enfermées dans cette suite. La course poursuite, sur fond de musique du Roi Lion, entre le camion et la Jeep avec les kangourous qui traversent la route est tout aussi hilarante que superbement filmée. Ne jamais négliger une jolie mise en scène, voilà la clé de la réussite ! On notera aussi une séquence dans la ferme directement issue de La Nuit du Chasseur où notre cher John Jarratt s’amusera à jouer les Robert Mitchum au pays des paumés. La couleur jaune très affirmée enveloppe la chaleur moite du film et joue à merveille sur la folie ambiante que cherche à dégager Wolf Creek 2. Une folie qui ira jusque dans sa bande originale, toujours en décalage complet avec ce qu’il se passe à l’écran. On sort de la séance ahuris par une telle dose de folie massive et jouissive ; et surtout avec cet air qui n’en finit pas de trotter dans nos têtes : « Tie me kangaroo down, sport ! Tie me kangaroo down ! » Wolf Creek 2 est la quintessence même d’une suite qu’on n’attendait pas spécialement et qui nous fait regretter de ne pas y avoir pensé. Tout est too much, grossier, vulgaire… tout est parfait en somme !

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Wolf Creek 2 est un film d’horreur fun, jouissif, décomplexé et résolument drôle. Mick Taylor gravit les échelons des psychopathes les plus séduisants du septième art, assurant un spectacle d’une qualité rare. Greg McLean s’offre un second volet qui tient toutes ses promesses et prouve que la transgression des règles du genre peut donner quelque chose de fort. Wolf Creek 2 est un vrai défouloir comme on n’en fait presque plus. Ceci est notre ultime cadeau chers amis de la séance Shadowz. Nous nous retrouverons d’ici le mois d’octobre et laissons libre place à nos collègues qui, nous n’en doutons pas, ne manquerons pas de vous proposer d’autres films alléchants à voir sur Shadowz. Portez-vous bien, et gare aux kangourous !

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Article réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la plateforme Shadowz.

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